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Il ne faut pas désespérer de l'or.

Pour les détenteurs d'or, quelle semaine ! Le métal précieux est tombé à son plus bas en près de quatre mois, à quelque 1293 dollars l'once. Mercredi, en fin de journée, il a repris quelques couleurs. Mais faiblement. Depuis son pic de 1456,75 dollars l'once d'or début décembre, il a perdu 10%. Que se passe-t-il ?



Tout d'abord, si le métal est traditionnellement sensible à des évènements tels que la crise en Ukraine, l'évolution de son prix est surtout calée sur les variations monétaires. Ces derniers mois, il suit l'euro pas à pas : l'or a perdu 6% depuis début janvier, comme l'euro face au dollar. Et en début de semaine, le dollar était à son plus haut en trois mois face à l'euro. Pour les investisseurs non américains, le métal devient alors plus onéreux à l'achat car son prix est exprimé en dollar. Toute la question est de savoir si le dollar va continuer à se renforcer ou non. Selon les analystes, les déficits publics américains sont si abyssaux que le billet vert ne peut que replonger. Avec son effet haussier sur l'or.


Deuxième facteur qui a déclenché cette baisse du cours de l'or : la réunion le week-end dernier des ministres des Finances des sept plus importants pays au monde, le G 7. Au menu de leurs discussions : comment réduire la dette des pays les plus pauvres et leur accorder davantage d'aide. Une grande partie de cette dette est à l'égard du Fonds monétaire international (FMI). Pour la réduire, deux solutions possibles : le FMI peut vendre sur le marché une partie de l'or qu'il détient dans ses coffres et le produit de cette vente est affecté au remboursement de la dette de ces pays. Autre solution, réévaluer l'or que détient le FMI, ce qui lui permettra de lever davantage de capitaux sur les marchés financiers qui serviront, à leur tour, à rembourser la dette. Pourquoi réévaluer cet or ? Selon un accord de 1971, le prix de l'or dans les coffres du FMI a été fixé à 40-50 dollars l'once... Un dixième de sa valeur actuelle sur le marché !


De ces deux solutions, les pays producteurs, mais aussi les Etats-Unis, préfèrent la réévaluation. Car ils craignent qu'une vente ne pèse sur les prix du métal. Si le FMI optait pour cette solution, il pourrait vendre des volumes conséquents puisqu'il est le troisième détenteur d'or au monde (103 millions d'onces), derrière le Trésor américain (261 millions) et la Bundesbank (110 millions).


Troisième facteur de baisse : la faiblesse de l'activité sur le marché cette semaine. De nombreux marchés asiatiques sont restés fermés. Ce qui n'a pas été le cas de l'Inde. Le premier marché mondial est en pleine effervescence et les importateurs n'arrivent plus à suivre la demande (700 à 800 tonnes par an). Un opérateur vend 7 à 8 tonnes d'or par semaine actuellement contre 2 à 3 normalement. En effet, la roupie a gagné 3,5% face au dollar ces trois derniers mois : le prix de l'or est donc attractif. En outre, contrairement aux attentes, les victimes du tsunami se sont ruées à l'achat dès qu'elles ont perçu une aide financière. Dans ce pays, on estime que les foyers détiennent 15 000 tonnes d'or sous forme de pièces ou de bijoux qu'ils vendent en cas de besoin.


Les facteurs techniques du marché ont fait le reste. La baisse cette semaine de la moyenne mobile du prix sur 200 jours a conduit des fonds d'investissements à vendre.

Quid de l'avenir ? Les analystes sont confiants. L'or pourrait encore un peu faiblir avant de se reprendre. Notamment parce que les entreprises minières ont changé leur façon de financer leurs opérations : la couverture ou le hedging se fait de moins en moins. Ce qui pesait sur les prix à terme.

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