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  • Le recrutement des managers de haut vol est plutôt bien orienté

    Marché contrasté que celui des dirigeants. Certains secteurs sont plus demandeurs que d'autres, comme la banque ou l'informatique. La micro-entreprise fait des émules. Dans l'ensemble, sur un marché plutôt stable, ce sont les N – 1 qui semblent tirer au mieux leur épingle du jeu. Reste que les réseaux et la cooptation représentent une part importante des mouvements.

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    En 2014 le marché des dirigeants a été relativement stable face à un marché de l'emploi en général plutôt dynamique. loin de la caricature, les quinquas plus se requinquent. Autrement dit, si les recrutements de dirigeants de 30-40 ans sont toujours recherchés, les profils de plus de 50 ans sont eux de plus en plus sollicités. Plusieurs raisons à cela : les mises à la retraite repoussées, l'expertise et l'expérience que les entreprises trouvent auprès de quinquas plus opérationnels. Le marché reste en revanche difficile pour ceux qui sont en recherche active.

    Des seniors plus mobilisables.


    On attendait beaucoup du baby boom en 2005, qui finalement n'aura pas lieu, et dresse un premier constat. Le départ de cadres dirigeants en retraite étant repoussé, les entreprises qui ont des postes à pourvoir pour des 45-50 ans hésitent à engager de vrais seniors. De leur côté, le marché commençant à bouger, ces seniors sont plus facilement mobilisables et mobiles. Résultat, les entreprises sont en attente. Elles essaient de fidéliser leurs 40-45 ans, sans prendre le risque de recruter ceux qui remplaceront les futurs papy boomers. D'où un marché très hésitant, sans visibilité à moyen terme.

    Parallèlement, on relève une tendance globale à la reprise et remarque la même demande de cadres de 50 ans et plus de la part de ses clients, pour des projets courts. C'est le cas dans la banque, la finance ou l'informatique. Le marché est volatile, contrasté et à court terme. Malgré tout les signaux passent au vert.


    Plus de créateurs de micro-entreprises.


    Le terme de dirigeant se décline différemment en grande entreprise et en PME, avec cependant un trait commun, le leadership, le trait de celui qui emmène là où l'on n'irait pas tout seul. En 2014, la recrudescence de créateurs de micro-entreprises,  semble vouloir se poursuivre en 2015. En revanche, une certaine stabilité des recrutements de dirigeants de PME de plus de 150 millions d'euros de CA.

    On note en 2015 des signes positifs, qui incitent toutefois à rester prudent. On observe que les candidatures sont toujours de grande qualité et que les entreprises cherchent à recruter sans risque, d'où l'importance grandissante de la sélection. De même, si la décision de changer un dirigeant peut se prendre vite, le circuit de décision, lui, s'est fortement allongé et traduit «un malaise». L'option quinqua est effectivement regardée de façon plus attentive par la recherche de sécurité. Le quinqua apporte un regard autre, un certain recul. Également que ce senior n'est plus pétri d'ambition comme un quadra et devient plus raisonnable en terme de rémunération. Cela dit, plutôt qu'un réel retournement du marché en faveur des 50 ans et plus, on  préfère préciser qu'ils commencent à compter. Côté candidats, on note des cadres ayant souvent le fantasme de la reprise d'entreprise mais plus rarement les qualités de fond. Au total, 2015 est une année plus porteuse d'espoir, mais l'espoir reste très fragile.


    Relier baby boom et dirigeants.


    Michael Page Executive se demande si l'on ne peut tout de même pas relier baby boom et dirigeants. Il se dit convaincu que d'ici 3 à 5 ans, le marché sera animé du fait des départs en retraite ou d'autres projets, de responsables actuellement à la tête de centres de profits ou d'entreprises. C'est sur ce point que se créeront toutes les tensions du marché de l'emploi, car la direction générale est le poste où l'on est sélectionné par excellence.

    Le recours aux professionnels du recrutement sera donc plus important, pour trouver des patrons de centres de profits ou de filiales. Revenant sur les années écoulées on note une animation du marché très différente selon les fonctions. 2014 a été assez bon pour nombre de fonctions, dont la direction générale. En revanche, sur les fonctions liées à l'investissement, on note une situation plus contrastée. Année assez difficile pour les fonctions de dirigeant industriel, année de reprise en revanche pour les dirigeants informatiques. D'autre part, on observe que l'intérim management n'a pas connu le développement qu'il aurait pu avoir, malgré des entreprises confrontées à des projets lourds de redéploiement ou de restructuration. Question de mentalité sans doute, de besoins moindres que prévus et surtout de recours à la cooptation.

    Changement de mentalité des candidats.


    Philéas Conseil n'a pas exactement la même analyse, notamment en informatique, où il dit ne pas avoir enregistré de relance. Peut-être en raison de son ancrage régional (Bordeaux). En revanche, il reconnaît que nombre de candidats souhaitent se lancer dans la reprise, mais que peu disposent des moyens financiers suffisants. Dans le BTP notamment, des dirigeants en recherche de repreneurs ne trouvent pas. Il souligne aussi un changement de mentalité des candidats.


    En 2014, il a ainsi recherché des DG opérationnels et des cadres dirigeants et constaté le recul des candidats par rapport au statut de mandataire social. Ils veulent bien avoir la responsabilité, le salaire, etc., mais le mandat social, ils n'en veulent pas. Un recul qui permet aussi de mesurer le degré d'implication du candidat dans un poste destiné à redresser une entreprise, par exemple. Pour 2015, le cabinet se veut néanmoins optimiste. Il estime que la sinusoïde commence à s'infléchir à la hausse et que la courbe redevient largement ascendante.


    L'année 2004 n'a pas été encore suffisamment porteuse pour créer une pénurie de directeurs généraux. En revanche, on remarque des besoins importants sur les fonctions de comité de direction : direction financière, DRH, DSI (direction des systèmes d'information), etc. Il y a là une relance pour qui souhaite occuper ces fonctions indispensables et stratégiques. En termes de secteur, on a aussi observé fin 2014 un appel d'air venu des banques et sociétés financières qui cherchent à renouveler leurs équipes de direction.


    Un écart entre le bon CV et la personne rencontrée.


    On relève lui une recrudescence des candidatures spontanées sur les postes de dirigeants et un écart entre la quantité de candidatures et le nombre restreint de postes proposés. on remarque aussi la distance qui se creuse entre le bon CV, puis la personne rencontrée. Auparavant, l'entreprise était assez critique sur le CV. Aujourd'hui, elle est déçue lors de l'entretien, car son attente a évolué. Elle ne porte plus tant sur la compétence que sur les formes d'intelligence.

    Le dirigeant doit désormais savoir gérer son intuition et la mettre en œuvre. Pourquoi ? Pour gérer la pression avec intelligence. Trop forte, celle-ci peut occasionner plus de dégâts que de bénéfices. Insuffisante, elle ne permettra pas d'atteindre les objectifs.